La lutte contre la criminalité financière exige des compétences adaptées à des mécanismes de plus en plus complexes. C'est dans cette perspective que le Centre Interpol de lutte contre la corruption et la criminalité financière (IFCACC) organise, du 26 au 30 octobre 2026 à Abidjan, le deuxième atelier de formation consacré aux enquêtes financières et à la récupération des avoirs illicites.


Cette session se tient en collaboration avec le Pôle pénal économique et financier (PPEF) et la coopération allemande, à travers ses programmes de gouvernance. Elle s'inscrit dans la continuité d'une première formation organisée du 8 au 12 juin 2026.


Les travaux réunissent des magistrats, des officiers de police judiciaire (OPJ) et des représentants de structures engagés dans la lutte contre la criminalité économique et financière. Ils doivent approfondir leurs connaissances des techniques d'investigation et des modes opératoires utilisés par les auteurs d'infractions financières.


L'un des objectifs de cette session consiste à préparer une vingtaine de participants ivoiriens à une phase de formation des formateurs prévue au début de l'année 2027.


Selon Richard Evina Engolo, officier de renseignement criminel au sein d'Interpol, chargé des crimes financiers et de la corruption, cette prochaine étape doit permettre de transmettre une expertise durable aux administrations ivoiriennes concernées.


Le principe est de former des professionnels capables de partager ensuite leurs connaissances avec leurs collègues. Cette démarche vise à élargir progressivement les compétences disponibles au sein des services impliqués dans les enquêtes financières.


Pour les enquêteurs et les magistrats, la maîtrise des enquêtes financières constitue un outil important. Elle permet notamment de rechercher les flux d'argent liés à des activités criminelles, d'identifier les bénéficiaires de transactions suspectes et de contribuer à la localisation des biens susceptibles d'avoir une origine illicite.


La coopération entre les services judiciaires, policiers et financiers est également essentielle dans les affaires qui dépassent les frontières nationales. Les fonds issus d'infractions peuvent en effet circuler entre plusieurs pays, ce qui complique leur traçabilité et leur récupération.


Au-delà de la formation technique, Interpol réaffirme son engagement à développer des outils destinés à identifier les réseaux criminels, à cibler leurs avoirs illicites et à faciliter leur restitution aux États concernés.


À l'ouverture des travaux, Bernard Kouassi, directeur de cabinet représentant la Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l'Homme, a rappelé la dimension internationale de cette menace.


« La lutte contre la criminalité financière et la corruption est un défi mondial majeur, face à des criminels dont les techniques de transfert deviennent illicites de plus en plus sophistiquées », a-t-il déclaré.


Cette évolution impose aux services d'enquête de renforcer leurs méthodes et de mieux coordonner leurs interventions. Le suivi des transactions, la recherche des biens et la coopération entre juridictions peuvent contribuer à empêcher les auteurs d'infractions de profiter durablement des revenus issus de leurs activités.


La récupération des avoirs constitue ainsi un volet important de la lutte contre la criminalité financière. Elle vise à retrouver les biens liés aux infractions et à permettre, lorsque les conditions légales sont réunies, leur restitution aux États ou aux entités lésés.


Bernard Kouassi a été remercié par Interpol pour l'organisation des sessions de formation. Il a également invité les participants à s'investir pleinement dans les travaux et à partager leurs expériences, tout en respectant le secret professionnel.


Cette exigence doit permettre aux professionnels de mutualiser leurs connaissances sans compromettre la confidentialité des informations liées aux enquêtes.


La session bénéficie de la collaboration du PPEF et de la coopération allemande, à travers les programmes de gouvernance concernés. Cette mobilisation traduit la nécessité d'une approche coordonnée face aux infractions économiques et financières.


Pour la Côte d'Ivoire, l'enjeu est de renforcer les compétences des professionnels chargés de détecter, d'enquêter et de poursuivre ces infractions. L'efficacité du dispositif dépendra notamment de la capacité des services à appliquer les connaissances acquises, à coopérer et à suivre les circuits financiers suspects.


Au terme de l'atelier, prévu le 30 octobre, la préparation d'une vingtaine de participants à la formation des formateurs constituera une prochaine étape annoncée. Elle pourrait contribuer à diffuser plus largement les compétences au sein des administrations ivoiriennes concernées.