La Côte d’Ivoire renforce sa présence dans les instances africaines consacrées aux droits des femmes. Le pays a été porté à la deuxième vice-présidence du Bureau du Comité technique spécialisé sur l’égalité entre les hommes et les femmes et l’autonomisation des femmes (CTS-EHFAF) de l’Union africaine.
Cette élection a eu lieu à Addis-Abeba, lors de la 11ᵉ session ordinaire du comité, tenue le 29 octobre 2026. La délégation ivoirienne était conduite par la ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Nassenéba Touré.
Le choix de la Côte d’Ivoire est issu d’un processus de concertation entre les États membres de l’espace ouest-africain. Selon les informations communiquées par la délégation ivoirienne, cette démarche a privilégié le dialogue, la solidarité et la recherche du consensus entre les pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Pour Abidjan, cette responsabilité représente une occasion de contribuer davantage aux politiques continentales en faveur de l’égalité de genre et de l’autonomisation des femmes.
« Cette élection est un honneur pour la Côte d’Ivoire, mais elle représente surtout une responsabilité », a déclaré Nassenéba Touré. La ministre a précisé que le mandat ivoirien reposera sur trois principes : « l’action, la contribution et l’écoute ». L’objectif affiché est de favoriser des résultats concrets pour les femmes et les filles africaines.
Les travaux de cette 11ᵉ session ont abordé plusieurs enjeux majeurs. Les participants ont notamment examiné la mise en œuvre de la Déclaration solennelle sur l’égalité entre les hommes et les femmes en Afrique.
L’inclusion économique et financière des femmes figure également parmi les priorités. Les discussions ont porté sur leur accès aux financements, leur participation à l’activité économique et les conditions nécessaires au développement de leurs initiatives entrepreneuriales.
La prévention des violences faites aux femmes et aux filles a aussi occupé une place importante dans les échanges. Les participants se sont intéressés aux mécanismes de protection et aux moyens de renforcer les réponses institutionnelles face à ces violences.
Autre sujet abordé : l’économie du soin. Ce secteur regroupe notamment les activités liées à la prise en charge des enfants, des personnes âgées et des personnes dépendantes. Souvent assumées par les femmes, ces tâches constituent un enjeu important pour leur autonomie économique et leur participation au marché du travail.
Le renforcement des statistiques sur l’égalité entre les sexes a également été examiné. Des données fiables permettent en effet de mieux mesurer les inégalités, d’orienter les politiques publiques et d’évaluer les progrès réalisés.
La session a par ailleurs permis d’avancer sur la préparation de la Position commune africaine pour la 71ᵉ session de la Commission de la condition de la femme des Nations unies (CSW71).
Cette position doit notamment prendre en compte l’autonomisation économique, l’accès des femmes aux financements, l’inclusion numérique et leur participation aux instances de décision. Elle vise à renforcer la cohérence des positions africaines dans les discussions internationales sur les droits des femmes.
À cette occasion, la délégation ivoirienne a présenté l’expérience du pays en matière d’autonomisation économique et d’entrepreneuriat féminin. Elle a notamment mis en avant le Fonds d’appui aux femmes de Côte d’Ivoire (FAFCI), un mécanisme destiné à faciliter l’accès des femmes aux ressources financières pour développer leurs activités.
Cette expérience pourrait alimenter les échanges entre États membres sur les dispositifs de soutien à l'entrepreneuriat féminin et l'inclusion financière.
Avec cette deuxième vice-présidence, la Côte d’Ivoire entend ainsi prendre une part plus active au suivi des engagements de l’Union africaine en matière d’égalité de genre. Pour les femmes ivoiriennes et africaines, l’enjeu sera désormais de voir cette responsabilité institutionnelle contribuer à des avancées concrètes : davantage d’accès aux financements, une meilleure protection contre les violences et une participation accrue aux décisions économiques et politiques.
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