Placée sous le thème ''Des matières premières à la valeur ajoutée : Connecter la chaîne de valeur et partager l'avenir de la chaîne d'approvisionnement en noix de cajou'', cette grande-messe du secteur mondial de l'anacarde a été l'occasion pour la Côte d'Ivoire de dresser le bilan d'une filière en pleine mutation. En effet, les chiffres dévoilés par Issa Konaté donnent la mesure du chemin parcouru. Malgré une baisse de la récolte imputable à des facteurs climatiques, la production 2026 s'établit à 1,3 million de tonnes, maintenant le pays au rang de premier producteur mondial.
Mieux encore, l'année 2026 consacre un basculement historique. Le pays transforme désormais localement environ 750 000 tonnes métriques de noix, contre 600 000 tonnes exportées à l'état brut. Un résultat que le responsable présente comme l'aboutissement d'une stratégie patientement construite. Ce secteur névralgique de l'économie ivoirienne n'est pas un simple pourvoyeur de devises : l'agriculture représente 20 à 25 % du PIB national, l'anacarde comptant à lui seul pour environ 7 à 9 %, et faisant vivre près de 500 000 foyers.
Pour accompagner cette dynamique, l'État ivoirien n'a pas ménagé ses efforts. Le gouvernement a mis en place des subventions financières pour les transformateurs locaux (100 dollars par tonne métrique) et internationaux (50 dollars par tonne métrique), ainsi que des projets d'exonération fiscale sur les équipements prévus d'ici 2027-2028. Par ailleurs, un comité veille strictement à l'approbation des nouvelles usines afin de préserver un équilibre sain entre la transformation locale et l'exportation de noix brutes, tout en entraînant la surproduction.
« L'ambition n'est pas d'arrêter les exportations vers le Vietnam, mais de garantir des prix équitables aux agriculteurs et d'augmenter la valeur ajoutée sur place », a précisé Issa Konaté. Le Vietnam demeure un partenaire clé, restant le principal acheteur de noix brutes et d'amandes ivoiriennes, aux côtés de l'Union européenne.
Il va sans dire que la filière ivoirienne ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Afin de capter davantage de valeur tout au long de la chaîne, le secteur mise désormais sur les technologies de pointe, notamment l'intelligence artificielle, et sur la valorisation des sous-produits tels que le liquide de coque de noix de cajou (CNSL), la pomme de cajou et le biochar. L'ambition affichée à l'horizon 2030 est claire : assurer la prospérité durable des agriculteurs et dépasser le stade de la simple production de noix.
En attendant, la prochaine foire sur les équipements se tiendra à Abidjan, du 26 au 28 novembre, afin de rassembler producteurs, transformateurs et acteurs gouvernementaux autour d'une même table. Le rendez-vous de Hanoï aura ainsi permis à la Côte d'Ivoire de poser un jalon décisif. Longtemps cantonnée au rôle de pourvoyeur de matières premières, elle entend désormais peser de tout son poids sur l'échiquier mondial de l'anacarde grâce à la transformation locale.
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