Selon le directeur général de l'ONEA, Idrissa Sourabié, le niveau des créances a atteint un seuil "critique " au 31 janvier 2026. Cette accumulation de dettes, provenant de factures d'eau, d'assainissement et de travaux impayés, fragilise gravement la trésorerie de l'entreprise publique, ralentit ses investissements et menace à terme la continuité et la qualité du service d’approvisionnement en eau potable pour l’ensemble de la population.


Pour inverser cette tendance, la brigade Laabal a été officiellement mandatée. Son commandant, le lieutenant Franck Octave Kabré, a lancé un ultimatum clair aux débiteurs, particuliers comme entreprises. Ils disposent d’un délai d’une semaine pour régulariser leur situation. " Passé ce délai, ils seront naturellement réquisitionnés ", a-t-il averti, précisant que les récalcitrants pourraient être contraints d'effectuer des travaux d'intérêt général comme moyen alternatif de paiement.


L'opération cible en priorité les gros débiteurs et les créances pour lesquelles les procédures de recouvrement classiques ont échoué. Il s'agit d'une mesure exceptionnelle visant à sauvegarder un service public essentiel.



En associant la brigade Laabal au recouvrement des dettes d'eau, les autorités burkinabè envoient un signal fort sur la nécessité de responsabiliser chaque usager pour la survie des services publics. Cette démarche, aussi radicale soit-elle, souligne le lien direct entre civisme fiscal et qualité des services essentiels. L'enjeu dépasse la simple récupération de fonds ; il s'agit de rétablir un contrat de confiance entre l'État et les citoyens, où le paiement des factures devient une contribution collective à l'intérêt général et à la construction nationale. Le succès de cette opération déterminera non seulement la santé financière de l'ONEA, mais aussi la pérennité d'un accès équitable à l'eau pour tous.