Pour le gouvernement de la transition dirigé par le Capitaine Ibrahim Traoré, cette décision est présentée comme une nécessité pour procéder à une profonde réorganisation et refondation de la vie politique nationale. Le ministre de l'Administration territoriale, Émile Zerbo, a défendu ce texte en accusant le "système partisant " d'avoir, par le passé, divisé la population burkinabè. La dissolution est donc présentée comme une étape préalable à la construction d'un nouveau cadre politique, jugé plus unitaire.


Cette mesure radicale a cependant suscité des critiques vives. Des observateurs politiques y voient un " recul " majeur pour la démocratie burkinabè, rappelant que le pays avait pourtant connu un jeu politique dynamique et des débats vigoureux après le mouvement populaire de 2014. Pour ces voix critiques, cette dissolution, couplée à la suspension des activités de la société civile, signe "la fin de tout espoir " pour le pluralisme et étouffe toute voix discordante dans un contexte sécuritaire tendu.



En actant la dissolution des partis, la transition burkinabè ferme un chapitre de l'histoire politique du pays et en ouvre un autre, dont les contours restent encore à définir. Si les autorités y voient l'occasion d'une refondation sur des bases nouvelles et unitaires, les critiques dénoncent une concentration du pouvoir et une mise en sommeil de la vie démocratique. Le véritable enjeu sera désormais de voir quel modèle de gouvernance et de participation citoyenne émergera de cette page blanche, dans un pays qui continue parallèlement de faire face à d'immenses défis sécuritaires et humanitaires.