La santé mentale en milieu professionnel demeure un enjeu majeur, en particulier pour les femmes. C’est le constat dressé par Dr Estelle Logbochi Gbappa, médecin du travail et spécialiste des risques psychosociaux, lors d’une conférence tenue le 28 mars au Centre ivoirien pour le développement de la formation professionnelle (CIDFOR), en marge de la 49e Journée internationale des droits de la femme.
Selon la spécialiste, la santé mentale conditionne directement la performance au travail. Elle correspond, explique-t-elle, à un état de bien-être permettant à chaque individu de travailler efficacement et de contribuer à la société. Toutefois, chez les femmes, cet équilibre est souvent fragilisé par la "double journée ".
En effet, après une journée de travail classique, de nombreuses femmes poursuivent leurs activités à domicile à travers les tâches ménagères et familiales. Cette accumulation de responsabilités engendre une fatigue physique et psychologique susceptible d’impacter leur rendement professionnel.
Par ailleurs, la charge émotionnelle constitue un autre facteur de pression. Elle se traduit par l’obligation, pour le travailleur, de maîtriser ses émotions en toutes circonstances. À cela s’ajoutent plusieurs sources de stress, notamment l’intensité du travail, la surcharge de tâches, le manque de clarté dans les missions ou encore les horaires irréguliers.
Face à ces contraintes, Dr Estelle Logbochi Gbappa souligne l’importance de maintenir un équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Une bonne santé mentale se manifeste, selon elle, par la capacité à travailler avec efficacité, sérénité et professionnalisme.
Dans cette dynamique, elle salue les initiatives du CIDFOR en matière de sensibilisation et de formation. Elle recommande également la mise en place d’audits de risques psychosociaux afin d’identifier les sources de stress en entreprise et d’y apporter des réponses adaptées.
Enfin, la spécialiste invite les femmes à accorder une attention particulière à leur bien-être. Elle préconise notamment une meilleure organisation du temps, la délégation des tâches et une implication accrue des hommes dans les responsabilités domestiques. L’éducation des enfants à la participation aux tâches familiales apparaît également comme une piste essentielle.
En définitive, préserver la santé mentale des femmes au travail passe par un engagement collectif. Un défi nécessaire pour garantir à la fois l’épanouissement individuel et la performance durable des organisations.
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