Le paludisme n'est plus seulement une question de santé. Il est désormais traité comme une menace pour la stabilité des États. C'est dans cette optique qu'un atelier stratégique de formation en entomologie médicale s'est ouvert à Abidjan-Marcory.


Pendant cinq jours, une cinquantaine d'experts civils et militaires venus de dix pays africains vont renforcer leurs connaissances sur les vecteurs de la maladie. L'objectif étant de constituer un pool d'experts capables de maîtriser ces vecteurs, renforcer la surveillance scientifique et coordonner une riposte régionale plus efficace.


L'atelier est organisé avec l'appui du Commandement des États-Unis pour l'Afrique (US AFRICOM) et de la NAVY FORCES AFRICA. Il rassemble des délégations du Burundi, de Djibouti, du Ghana, de la Guinée, du Libéria, de Madagascar, du Malawi, du Sénégal, de la Sierra Leone et du Togo.


Pour le Médecin Général de Brigade Traoré Amed, Directeur de la Santé et de l'Action Sociale des Armées, la maîtrise du paludisme est un "impératif de préparation opérationnelle ", car la maladie impacte directement la capacité des troupes sur le terrain.


Le Médecin Général de Brigade à la retraite Yao N'Dri Athanase, président de l'Africa Malaria Task Forces (AMTF), a réaffirmé que la compréhension scientifique des vecteurs est essentielle pour anticiper les risques épidémiques.


Militaires et civils, africains et américains, unis contre le même ennemi : le moustique. À Abidjan, dix pays apprennent à mieux connaître le vecteur pour mieux le combattre. Car le paludisme tue encore trop en Afrique. Et affaiblir la maladie, c'est aussi renforcer la stabilité des nations. La formation se poursuit jusqu'au 15 mai. Une étape cruciale vers une riposte régionale coordonnée.