L'entrepreneuriat féminin ivoirien passe à la vitesse supérieure. La Foire économique au féminin a ouvert ses portes au siège de Côte d'Ivoire Tourisme. Derrière l'effervescence de cette journée inaugurale, c'est une ambition nationale qui se dessine : transformer des milliers de micro-entreprises féminines en PME structurées, compétitives et capables de rayonner au-delà des frontières.


C'est la CGECI le Patronat ivoirien qui a donné le ton. Aïssatou Cissé Sèye, présidente de la Commission promotion de l'entrepreneuriat national, a posé un diagnostic sans détour. Les femmes d'affaires ivoiriennes sont omniprésentes dans des secteurs stratégiques comme l'agriculture, l'agro-transformation, les services et le numérique. Mais leur expansion reste bridée par des obstacles persistants : accès limité aux marchés structurés, déficit de digitalisation, méconnaissance des normes internationales.


"Ces défis ne concernent pas uniquement les femmes. Ils concernent l'ensemble de notre économie", a-t-elle martelé. L'ambition de la CGECI est claire : "faire passer davantage d'entreprises féminines du stade de micro-entreprises à celui de PME structurées, capables d'accéder aux financements, d'intégrer les chaînes de valeur, de conquérir de nouveaux marchés et de créer durablement de la valeur".


Lynda Aphing-Kouassi, fondatrice de Kaizene International et Commissaire générale de l'événement, a décrit une plateforme pragmatique combinant vitrine commerciale et renforcement des compétences. Au programme : marketing de l'emballage, vente en ligne, maîtrise des outils numériques, industrialisation et accès au foncier.


Le représentant du Guichet unique pour le développement des PME (GUDE-PME), M. Soumahoro, a dressé un bilan chiffré : plus de 25 000 entreprises accompagnées en renforcement des capacités et plus de 6 000 entreprises financées pour un volume global d'environ 40 milliards de FCFA.


25 000 entreprises accompagnées, 6 000 financées, 40 milliards de FCFA mobilisés. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Mais le chemin est encore long. Les barrières liées aux garanties bancaires et à la faible formalisation des activités continuent de freiner l'élan des entrepreneures. Le Patronat ivoirien en est conscient. En s'engageant résolument à leurs côtés, il envoie un signal fort : la croissance de demain se construira avec les femmes, ou elle ne se construira pas pleinement. Pari tenable. À concrétiser.