« Pourquoi continuons-nous à vendre nos matières premières alors que nous pouvons vendre des produits finis à forte valeur ajoutée ? », s'interroge Diamant Wattara. Pour illustrer son propos, il prend l'exemple du piment : le piment frais et le piment séché puis pilé ne coûtent pas le même prix. Ce qui change, c'est la transformation. Et c'est précisément là que se crée la richesse. Il raconte également sa rencontre avec un jeune planteur à Lopou, le village du ministre René Diby, qui possède cinq hectares de palmier à huile et a installé une petite unité de transformation pour produire sa propre huile de palme plutôt que de vendre uniquement ses régimes. " Voilà l'Afrique que j'aime. Une Afrique qui ne se contente plus de produire, mais qui transforme. Une Afrique qui crée de la valeur ", écrit-il.
L'analyste poursuit avec le cas emblématique de la noix de cajou. Aujourd'hui, le kilogramme de noix brute est acheté autour de 500 FCFA bord champ, tandis que le kilogramme d'amandes de cajou est vendu environ 4 000 FCFA sur les marchés. En groupement qu'il faut environ cinq kilogrammes de noix brutes pour obtenir un kilogramme d'amandes, le calcul est sans appel : 5 kg × 500 FCFA = 2 500 FCFA, contre 4 000 FCFA pour les amandes, soit 1 500 FCFA de valeur supplémentaire générée par la transformation, sans compter la coque valorisable comme combustible industriel ou dans l'industrie chimique.
Contrairement aux idées reçues, il n'est pas toujours nécessaire de disposer de milliards pour industrialiser. Avec environ 25 millions de FCFA, une petite unité de transformation peut voir le jour. Il propose que les coopératives retiennent 25 à 50 FCFA par kilogramme commercialisé pour constituer un fonds d'investissement. Avec une production nationale proche de 1,2 million de tonnes de noix de cajou, cela représentait théoriquement des dizaines de milliards de FCFA mobilisables chaque campagne.
Lors du PND, l'analyste a également échangé avec une banque ivoirienne qui vient d'ouvrir un département spécialisé dans le financement des mines. " C'est un signal fort. Nos institutions financières commencent à accompagner davantage les secteurs productifs. Pourquoi ne pas accélérer cette dynamique vers l'agriculture, l'agro-industrie et les PME de transformation ? ", s'interroge-t-il.
Au-delà du financement, c'est surtout l'état d'esprit qui doit évoluer. " N'allez pas à l'école uniquement pour chercher un emploi. Allez-y pour créer des entreprises. Pour fabriquer des machines. Pour concevoir des solutions. Pour déposer des brevets. Pour employeur d'autres jeunes ", écrit-il. Il invite les jeunes à transformer leur intelligence en richesse et à cesser de penser que le développement viendra uniquement de l'extérieur.
" Arrêtons de passer notre temps à accuser les autres de nos retards. La véritable indépendance économique ne se construit pas dans les discours. Elle se construit dans les ateliers. Dans les usines. Dans les laboratoires. Dans les coopératives. Dans les banques. Et surtout... dans nos esprits ", conclut Diamant Wattara. La Côte d'Ivoire a les ressources, les compétences et une jeunesse talentueuse. Il est temps d'ouvrir les esprits, d'innover, de produire, de transformer et d'exporter davantage de valeur ajoutée. C'est ainsi que se construit une nation souveraine.
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