La Côte d’Ivoire veut renforcer son dispositif de prévention des risques sanitaires liés aux produits chimiques. À Abidjan, un atelier technique organisé les 21 et 22 octobre 2026 par la Direction de l’Hygiène publique et de la Santé-Environnement (DHPSE) réunit plusieurs acteurs autour de la Stratégie nationale Santé et Produits chimiques.


L’objectif est de disposer d’un cadre d’action cohérent pour mieux encadrer les risques liés à l’utilisation, à la manipulation et à la gestion des substances chimiques. Les travaux portent notamment sur la faisabilité des mesures proposées, la répartition des responsabilités, les besoins budgétaires et l’articulation de la stratégie avec les politiques nationales de développement et de santé.


L’enveloppe prévisionnelle annoncée s’élève à 50 milliards de FCFA. Ce montant constitue une estimation associée à la stratégie. Les informations communiquées ne précisent toutefois ni la durée de sa mise en œuvre, ni les sources de financement prévues, ni le calendrier de mobilisation des ressources.


Lors de l’ouverture de l’atelier, Dr Gagné Eugénie, conseillère technique chargée du changement climatique et de la gestion des déchets sanitaires, a représenté le ministre chargé de la Santé. Elle a attiré l’attention sur plusieurs sources d’exposition préoccupantes pour les populations.


Parmi elles figurent le mercure utilisé dans certaines activités d’orpaillage artisanal, le plomb présent dans certaines peintures, les pesticides et les déchets chimiques. Une mauvaise utilisation de ces substances, une manipulation sans protection adaptée ou une élimination inadéquate peuvent exposer les personnes et leur environnement à des risques sanitaires.


La responsable a appelé à accorder une attention particulière aux enfants, aux femmes enceintes, aux travailleurs et aux communautés les plus exposées.


Ces catégories peuvent être particulièrement vulnérables aux effets de certaines substances toxiques. La prévention passe donc par une meilleure information des populations, des pratiques de manipulation plus sûres, un encadrement adapté des activités à risque et une gestion rigoureuse des déchets.


Pour les communautés vivant à proximité des sites d’orpaillage, des zones agricoles ou des lieux de stockage de produits chimiques, l’enjeu est de réduire les expositions évitables. Les travailleurs concernés doivent également pouvoir bénéficier de mesures de protection appropriées.


La stratégie nationale soumise à l’examen technique s’articule autour de six axes, 18 résultats attendus et 104 activités. Cette architecture doit permettre de structurer les interventions et de préciser les actions à mener par les différentes parties prenantes.


Les participants doivent notamment examiner la pertinence et la faisabilité des activités proposées. Ils sont également appelés à clarifier les responsabilités des acteurs concernés et à vérifier la cohérence entre les objectifs, les moyens financiers envisagés et les priorités nationales.


L’enjeu est d’éviter la dispersion des initiatives. Une coordination plus étroite entre les administrations, les structures sanitaires, les organismes de recherche et les acteurs privés pourrait faciliter le suivi des risques, la prévention des expositions et la réponse aux incidents impliquant des produits chimiques.


La prise en charge des intoxications figure également parmi les objectifs de la démarche. Elle suppose de mieux articuler la prévention avec les capacités de détection, de signalement et de réponse des structures concernées.


À l’issue des travaux des 21 et 22 octobre, les participants doivent parvenir à une validation technique du document, à l’harmonisation de son cadre logique et à l’élaboration d’une feuille de route.


Ces étapes doivent permettre de préciser les résultats attendus, les responsabilités et les modalités de mise en œuvre. Le document devra ensuite suivre le processus d’approbation institutionnelle prévu.


La concrétisation de cette stratégie dépendra notamment de la disponibilité effective des financements, de la coordination des acteurs et du suivi des activités retenues. La validation technique constitue ainsi une étape préparatoire, mais elle ne signifie pas, à elle seule, que l’ensemble des mesures est déjà financé ou opérationnel.


Pour les populations, le principal enjeu reste concret : limiter les expositions dangereuses, réduire les risques d’intoxication et renforcer la protection des personnes les plus vulnérables. La mise en œuvre effective de la stratégie permettra de mesurer les avancées dans ce domaine.