La Côte d’Ivoire veut renforcer sa préparation face aux menaces numériques. À travers CYBER.EX 2026, les autorités entendent éprouver la capacité des acteurs publics et privés à réagir à une crise cyber de grande ampleur. L’exercice doit également favoriser le partage d’expérience avec les pays ouest-africains afin de contribuer à la sécurité collective du cyberespace régional.


La cérémonie d’ouverture s’est tenue le mercredi 28 octobre à Abidjan-Port-Bouët, sous le thème : « Résilience numérique nationale : anticiper, réagir, rebondir ensemble ». Le ministre chargé de la Promotion de la Jeunesse, Mamadou Touré, représentait le Vice-Premier Ministre et ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara.


Selon les organisateurs, 800 participants issus de secteurs stratégiques, dont l’énergie, les télécommunications et la finance, prendront part à cette simulation. L’objectif est de tester leurs capacités de pilotage, de décision, de coordination et de maintien des activités en situation de crise.


CYBER.EX doit permettre aux différentes structures concernées de mettre à l’épreuve leurs mécanismes de réaction face à une crise numérique. Dans un contexte où les infrastructures et les services dépendent de plus en plus des systèmes informatiques, une attaque peut perturber des activités essentielles et affecter les usagers.


Pour les secteurs de l’énergie, des télécommunications et de la finance, la capacité à détecter un incident, à coordonner la réponse et à assurer la continuité des services constitue un enjeu majeur. L’exercice vise donc à identifier les difficultés de coordination et à améliorer la préparation collective.


Le directeur général de l’ANSSI, le général de brigade Guelpétchin Ouattara, a présenté les objectifs de cette simulation devant les participants et les autorités présentes, dont le général de corps d’armée Philippe Mangou, président du Conseil de surveillance de l’ANSSI.


Le ministre Mamadou Touré a, pour sa part, rappelé l’importance accordée par le chef de l’État, Alassane Ouattara, et le gouvernement à la protection du cyberespace. Il a souligné que les autorités considèrent cette sécurité comme « une composante essentielle de la sécurité de la nation ».


« Le cyberespace est devenu un champ de bataille après la terre, la mer, l’air et l’espace. Il constitue un domaine de confrontation à part entière », a-t-il déclaré.


Le ministre a également insisté sur l’interdépendance entre les pays face aux menaces numériques. « Une vulnérabilité chez un voisin peut devenir la nôtre », a-t-il affirmé, plaidant pour un renforcement de la coopération avec les partenaires de la sous-région, du continent et au-delà.


La démarche portée par CYBER.EX entend dépasser le cercle des seuls spécialistes de l’informatique. Selon Mamadou Touré, la première ligne de défense repose notamment sur les forces de défense et de sécurité, l’ANSSI, les directeurs des systèmes d’information et les opérateurs de télécommunications.


« Le CYBER.EX se propose d’étendre cet exercice à l’ensemble de la nation », a-t-il indiqué.


Cette approche met en avant la nécessité d’une réponse coordonnée entre les institutions et les acteurs économiques. Une crise cyber peut en effet mobiliser plusieurs organisations à la fois, ce qui exige des procédures communes et une circulation rapide de l’information.


Le ministre de la Transition numérique, Djibril Ouattara, a également souligné que le gouvernement fait de la cybersécurité un instrument privilégié de sa politique numérique.


La première édition de CYBER.EX accueille une importante délégation sénégalaise. Cette participation donne une dimension régionale à l’exercice, qui vise à favoriser les échanges entre les acteurs de la cybersécurité.


Les autorités ivoiriennes souhaitent ainsi partager leur expérience et contribuer au renforcement de la sécurité numérique en Afrique de l’Ouest. La coopération apparaît d’autant plus importante que les menaces informatiques peuvent dépasser les frontières et toucher des réseaux interconnectés.


Les organisateurs prévoient de faire de CYBER.EX un rendez-vous annuel. La compétition associée à l’exercice, limitée cette année aux grandes écoles et aux universités, devrait par ailleurs s’ouvrir prochainement à un public plus large.


Avec cette initiative, la Côte d’Ivoire entend consolider sa préparation aux crises numériques, renforcer la coordination entre les secteurs stratégiques et encourager l’émergence de nouveaux talents. Les résultats de cette première simulation permettront notamment d’apprécier les capacités collectives à anticiper une attaque, à y répondre et à maintenir les services essentiels.