Pour le président du RMD, Hervé Gobou, la lutte contre les travaux dangereux des enfants dans les plantations de cacao exige une mobilisation plus large de la société ivoirienne.
À l’ouverture des travaux, il a rappelé la nécessité de rendre cette problématique davantage visible dans le débat public.
"L'objectif central de ce Café du Développement sur le travail pénible et dangereux des enfants dans la cacaoculture est d'éveiller les consciences. La question que nous abordons ce jour est une problématique qui est réelle, mais qui n'est pas toujours abordée", a-t-il déclaré.
Le président du réseau a également souligné les conséquences possibles de cette situation sur l’avenir de la production cacaoyère. Pour lui, la sensibilisation constitue une étape importante pour encourager les acteurs concernés à agir en faveur des enfants.
La démarche du RMD repose ainsi sur le dialogue entre les médias, les organisations de la société civile, les fondations et les structures engagées dans la protection des populations rurales.
Plusieurs organisations ont pris part à cette rencontre. Parmi elles figurent la Fondation EFG, représentée par Aké Patricia, la Fondation Kouyo, représentée par son secrétaire exécutif, Edem Kouadio, ainsi que la Fondation International Cocoa Initiative (ICI), représentée par Cynthia Lobé, assistante du coordinateur des bureaux régionaux et des projets.
La Fondation EFG, présidée par le Dr Ted Fonh-Gbei, intervient dans le domaine de la santé communautaire et du bien-être des populations. Sa participation s'inscrit dans une réflexion plus large sur les conditions de vie des communautés rurales et la protection des enfants.
La Fondation Kouyo, présidée par l'opérateur économique Anderson Kouyo, était également représentée. La présence de ces deux structures témoigne de la volonté des organisateurs d'associer différents acteurs aux discussions sur les enjeux sociaux liés à la cacaoculture.
La participation de l'International Cocoa Initiative revêt, elle aussi, un intérêt particulier. Cette organisation travaille sur la prévention du travail des enfants et la promotion de leur protection dans les communautés productrices de cacao.
Toutefois, les interventions précises des représentants de ces fondations devront être recueillies ou confirmées avant publication pour permettre de rendre compte de leurs propositions et de leurs engagements respectifs.
La protection des enfants a également été abordée sous l’angle de l’action sociale et du respect de leurs droits.
L’ONG Refuge des Enfants figurait parmi les organisations de la société civile présentes. Son implication dans cette rencontre rappelle la nécessité de placer les droits de l’enfant au centre des initiatives de sensibilisation.
Des étudiants juristes de l’Université internationale d’Abidjan, membres de l’Association des Étudiants Juristes, ont également participé aux travaux.
Leur présence souligne l’importance de la sensibilisation des jeunes générations aux questions de protection de l’enfance et aux responsabilités des différents acteurs face aux travaux dangereux.
Au-delà des échanges, la question reste celle de l’application des mesures de prévention sur le terrain. Les familles, les producteurs, les entreprises de la chaîne d’approvisionnement et les autorités doivent pouvoir contribuer à des solutions qui protègent les enfants sans ignorer les difficultés économiques auxquelles certaines communautés rurales sont confrontées.
La rencontre a également accordé une place à la culture comme moyen de sensibilisation.
Un hymne consacré à la lutte contre le travail des enfants, écrit par Hervé Gobou, a été interprété par le groupe des Supers Héros d’Angré Château.
Cette prestation artistique a constitué l’un des temps forts de la rencontre. Elle a permis de porter le message de protection de l’enfance au-delà des interventions institutionnelles.
L'initiative illustre le rôle que peuvent jouer les arts et les médias dans la diffusion de messages accessibles au grand public, notamment auprès des communautés rurales.
À l’issue des travaux, les participants ont procédé à la lecture et à la signature de la Déclaration d’Abidjan.
Selon les organisateurs, ce document vise à fédérer les acteurs engagés, à accélérer les actions de prévention et à renforcer la protection des enfants dans la cacaoculture ivoirienne.
La signature marque une volonté commune de poursuivre la mobilisation. Mais sa portée dépendra des mesures concrètes qui seront prises après cette rencontre.
La réduction des travaux dangereux suppose notamment de mieux identifier les situations à risque, de renforcer la sensibilisation des familles et de favoriser l’accès des enfants à l’éducation et aux mécanismes de protection.
Pour la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, cet enjeu dépasse la seule question sociale. La protection des enfants participe également à la durabilité de la filière et à sa capacité à répondre aux exigences des marchés internationaux.
Avec cette deuxième édition du « Café du Développement », le RMD entend maintenir la question de la protection de l’enfance au cœur du débat public. Le prochain défi sera de traduire la Déclaration d’Abidjan en engagements précis, en actions suivies et en résultats mesurables dans les communautés productrices de cacao.
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