L’agriculture ivoirienne s’engage davantage dans la transformation numérique. Avec l’ouverture de la Digital Farming School, le pays se dote d’un établissement spécialisé dans la formation aux technologies appliquées à l’agriculture. L’objectif est de rapprocher les innovations numériques des réalités des exploitations agricoles et de préparer des compétences adaptées aux nouveaux défis du secteur.


Lors de la cérémonie inaugurale, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, a insisté sur le caractère incontournable de cette évolution.


"L'agriculture de demain ne se fera pas sans le numérique", a-t-il affirmé.


Au cours d’un panel consacré à la formation de la nouvelle génération de leaders de l’agriculture numérique en Afrique, le ministre a souligné que la Côte d’Ivoire devait accélérer l’adoption des solutions technologiques.


"Notre pays n'a pas d'autre choix que d'aller vers ces solutions modernes", a-t-il également déclaré.


Pour illustrer les possibilités offertes par cette transformation, Bruno Nabagné Koné a évoqué plusieurs avancées déjà engagées dans le secteur agricole ivoirien.


Il a notamment cité les dispositifs de traçabilité des producteurs de cacao, la géolocalisation des exploitations agricoles et le développement du conseil agricole numérique.


Ces outils peuvent faciliter l'identification des producteurs, améliorer le suivi des parcelles et permettre une meilleure circulation de l'information entre les acteurs des filières agricoles.


Le ministre a également insisté sur l'importance des données dans la prise de décision. Selon cette orientation, les futurs professionnels devront associer des connaissances agronomiques solides à une maîtrise des technologies numériques.


Pour les producteurs, l'enjeu est concret : mieux connaître leurs exploitations, optimiser les pratiques agricoles, anticiper certaines difficultés et améliorer la gestion de leurs activités.


La Digital Farming School est née d'une coopération entre l'INP-HB, OCP Africa et l'Université Mohammed VI Polytechnique du Maroc.


Le projet vise à former des techniciens spécialisés dans l'Agritech, à la croisée de l'agriculture et des nouvelles technologies.


Selon les informations communiquées par les partenaires, la formation s'étend sur deux ans. La première promotion est annoncée avec un effectif de 50 étudiants et une prise en charge complète des frais d'études.


Les apprenants sont appelés à développer des compétences qui leur permettront de concevoir et de mettre en œuvre des solutions numériques adaptées aux besoins des exploitations agricoles.


Cette formation répond à une évolution des métiers du secteur. L'utilisation des outils connectés, des plateformes numériques et de l'analyse des données ouvre de nouvelles perspectives dans la gestion des cultures et l'accompagnement des producteurs.


La cérémonie s'est déroulée sous la présidence du professeur Adama Diawara, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Le ministre délégué chargé des Productions vivrières, Bernard Kini-Comoé, était également présent.


L'ancien Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn, a pris part à cette rencontre. Il a salué cette initiative de coopération Sud-Sud et plaidé pour son extension à d'autres régions du continent africain.


Cette dimension panafricaine traduit l'ambition des partenaires de faire de la DFS un outil de développement des compétences au-delà des frontières ivoiriennes.


De son côté, Adama Diawara a mis en avant les perspectives d'insertion professionnelle liées aux compétences numériques. Pour le ministre, la formation aux nouvelles technologies constitue une opportunité pour les jeunes de se positionner sur des métiers en pleine évolution.


Au nom de la première promotion, Tomedé Ruth a également pris la parole. Elle a exprimé l'engagement des étudiants à mettre les compétences acquises au service des producteurs et du développement agricole.


L'ouverture de la Digital Farming School intervient dans un contexte où l'agriculture ivoirienne doit relever plusieurs défis : amélioration de la productivité, adaptation aux changements climatiques, maîtrise des coûts de production et renforcement de la sécurité alimentaire.


Le numérique peut contribuer à répondre à ces préoccupations. Toutefois, son efficacité dépendra de son accessibilité et de son adaptation aux réalités des exploitations, notamment celles des petits producteurs.


La formation de techniciens spécialisés constitue donc une première étape. Leur capacité à accompagner les agriculteurs, à concevoir des outils accessibles et à déployer des solutions sur le terrain sera déterminante.


À Yamoussoukro, la Digital Farming School entend ainsi faire de la formation et de l'innovation des leviers de transformation de l'agriculture africaine. Pour la Côte d'Ivoire, l'enjeu sera désormais de faire bénéficier directement les producteurs des compétences et des technologies développées au sein de cette nouvelle école.