La Côte d'Ivoire entend capitaliser sur son expérience dans l'organisation des grandes compétitions sportives. À l'occasion du Sommet de Dakar 2026 sur le sport et le développement durable, les participants ont salué le modèle ivoirien, en se mettant particulièrement en avant de l'organisation de la CAN 2023. Cette reconnaissance intervient alors que le Sénégal s'apprête à accueillir les Jeux olympiques de la jeunesse, une première sur le continent africain.


La rencontre a réuni des responsables publics et des experts autour des enjeux liés à l'organisation des événements sportifs et à leurs retombées économiques, sociales et environnementales. Les discussions ont notamment porté sur le financement du sport, la formation des jeunes, les infrastructures, la diplomatie sportive et le développement de l'industrie sportive en Afrique.


Organisée en Côte d'Ivoire du 13 janvier au 11 février 2024, malgré son appellation officielle de CAN 2023, la Coupe d'Afrique des nations a constitué un rendez-vous majeur pour le pays. La compétition a mobilisé les pouvoirs publics, les collectivités, les acteurs économiques et les populations autour de l'accueil des délégations, des supporters et des visiteurs.


Au sommet de Dakar, cette expérience a été citée comme une référence en matière d'organisation sportive. Les participants ont notamment mis en avant l'implication des autorités ivoiriennes ainsi que l'expertise des professionnels et des acteurs nationaux mobilisés pour la compétition.


Cette reconnaissance souligne l'importance de la préparation, de la coordination institutionnelle et des compétences locales dans la réussite d'un événement international. Elle rappelle également que l'organisation d'une compétition ne se limite pas aux rencontres disputées sur les terrains. Elle exige des équipements adaptés, des services d'accueil, des dispositifs de sécurité et une mobilisation de nombreux secteurs d'activité.


Pour la Côte d'Ivoire, cette expérience constitue un acquis susceptible de servir à d'autres rendez-vous sportifs. Elle peut également renforcer son positionnement dans la coopération sportive africaine et favoriser les échanges d'expertise avec les pays qui préparent les compétitions internationales.


Au-delà de l'exemple ivoirien, le sommet a abordé plusieurs défis structurels auxquels le sport africain reste confronté. Le financement figure parmi les principales préoccupations. La construction et l'entretien des infrastructures, la formation des encadreurs et l'accompagnement des athlètes obligatoirement des ressources durables.


La question est particulièrement importante pour les pays qui souhaitent transformer leurs investissements sportifs en bénéfices à long terme. Les équipements construits pour une compétition doivent pouvoir accueillir d'autres événements et servir aux populations après la fin des manifestations.


Le développement des infrastructures doit ainsi s'accompagner de politiques d'entretien, de programmes de formation et d'une planification de leur utilisation. Sans cette continuité, les investissements risquent de ne pas produire tous les effets attendus.


Les échanges ont également mis l'accent sur la formation de la jeunesse. Le sport peut contribuer à l'éducation, à la santé, à la cohésion sociale et à l'insertion professionnelle. Mais ces retombées supposent un accès plus large aux équipements, aux clubs et aux dispositifs d'encadrement.


Le développement de l'industrie sportive représente un autre axe stratégique. L'organisation de compétitions mobilise des secteurs comme le tourisme, l'hôtellerie, le transport, la communication et les services. Elle peut créer des débouchés pour les entreprises locales et favoriser l'emploi, à condition que les acteurs nationaux puissent participer aux marchés générés.


La diplomatie sportive a également occupé une place dans les discussions. Les grands rendez-vous permettent aux pays hôtes de renforcer leur visibilité, de nouer des partenariats et de promouvoir leur savoir-faire. Pour les États africains, l’enjeu consiste à faire de cette exposition un levier de coopération et de développement au-delà de la compétition elle-même.


La Côte d'Ivoire, forte de l'expérience de la CAN 2023, dispose ainsi d'un exemple à partager avec ses partenaires. Toutefois, la reconnaissance de son organisation sportive devra s'accompagner d'une réflexion sur les moyens de pérenniser les acquis, de mieux structurer les filières et d'élargir les retombées aux jeunes et aux entreprises locales.


À Dakar, les échanges sur le sport et le développement durable rappellent une priorité commune aux pays africains : faire des grands événements des accélérateurs de progrès, plutôt que des rendez-vous ponctuels. L'accueil des JOJ 2026 par le Sénégal offre, à cet égard, une nouvelle occasion de mettre cette ambition à l'épreuve.