L’Afrique doit davantage produire pour répondre à ses propres besoins alimentaires. C’est le message central porté par Bruno Nabagné Koné à l’ouverture de la 12ᵉ édition de l’Africa Agri Forum, organisée les 4 et 5 novembre à Abidjan.
Devant des représentants des secteurs public et privé, des partenaires internationaux et des acteurs du monde agricole, le ministre a résumé cette ambition en une formule : « Il nous faut produire ce que nous consommons et consommer ce que nous produisons ».
Cette orientation renvoie à un défi majeur pour les pays africains : réduire leur dépendance aux importations alimentaires tout en renforçant les capacités de production et de transformation locales. Pour la Côte d’Ivoire, où l’agriculture occupe une place importante dans l’économie et les moyens de subsistance de nombreuses populations, cette question concerne directement les producteurs, les commerçants et les consommateurs.
Dans son intervention, Bruno Nabagné Koné a présenté les cinq axes prioritaires de la politique agricole ivoirienne : la souveraineté alimentaire, la compétitivité des filières, le financement, la sécurisation du foncier rural et la durabilité.
La souveraineté alimentaire vise à renforcer la capacité du pays à satisfaire ses besoins grâce à sa production nationale. Elle suppose notamment une amélioration des rendements, une meilleure organisation des circuits de commercialisation et une valorisation des produits agricoles locaux.
La compétitivité des filières constitue un autre enjeu. Les producteurs doivent pouvoir accéder à des débouchés rémunérateurs et disposer de moyens adaptés pour améliorer la qualité de leurs produits. La transformation locale représente également une piste pour accroître la valeur ajoutée créée sur le territoire national.
Le financement reste toutefois une condition essentielle. Les exploitants agricoles ont besoin de ressources pour acquérir des équipements, acheter des intrants, développer leurs exploitations et faire face aux aléas de la production. L’accès au crédit et aux mécanismes d’accompagnement demeure donc un sujet central pour le développement du secteur.
La sécurisation du foncier rural figure également parmi les priorités annoncées. La question de l’accès à la terre et de la reconnaissance des droits fonciers influence les investissements agricoles et la stabilité des exploitations. Enfin, la durabilité implique de préserver les ressources naturelles et de mieux adapter les pratiques agricoles aux changements climatiques.
Placée sous la présidence du ministre de l’Agriculture, cette rencontre réunit plus de 400 participants issus d’une vingtaine de pays africains. Elle accueille notamment Hassan Alaoui, président de One Africa Forums, ainsi que Josefa Sacko et plusieurs partenaires internationaux.
Durant deux jours, les échanges doivent favoriser la création de partenariats autour d’une agriculture africaine plus productive et résiliente. Les participants sont appelés à partager leurs expériences et à identifier des pistes de coopération entre les acteurs publics, les entreprises, les organisations professionnelles et les partenaires techniques.
La présence de représentants de plusieurs pays donne à cette rencontre une dimension continentale. Les défis agricoles dépassent en effet les frontières nationales. Les changements climatiques, les difficultés d’accès aux financements, les besoins en infrastructures et la dépendance à certaines importations concernent de nombreux États africains.
Le forum offre ainsi un cadre pour rapprocher les acteurs et faire émerger des initiatives communes. Toutefois, les retombées de ces échanges dépendront de la concrétisation des partenariats et de leur capacité à répondre aux besoins des producteurs.
Pour les populations ivoiriennes, la transformation du secteur agricole peut avoir des conséquences directes. Une production locale plus importante et mieux organisée peut contribuer à améliorer l’approvisionnement des marchés. Le développement de la transformation peut aussi créer des activités économiques et des emplois, notamment pour les jeunes et les femmes.
Mais ces perspectives nécessitent des réponses concrètes aux difficultés rencontrées sur le terrain : accès aux intrants, financement des exploitations, maîtrise de l’eau, conservation des récoltes, transport et commercialisation.
L’enjeu est également de mieux répartir les bénéfices de la croissance agricole entre les différents maillons des filières, du producteur au consommateur.
En appelant à « produire ce que nous consommons et consommer ce que nous produisons », Bruno Nabagné Koné place la production locale au cœur de l’ambition agricole ivoirienne. La 12ᵉ édition de l’Africa Agri Forum devra désormais contribuer à faire émerger des réponses et des partenariats capables de traduire cette ambition en résultats durables pour la Côte d’Ivoire et le continent africain.
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