L’Afrique doit produire davantage de riz, mais aussi mieux valoriser sa production. C’est le message porté par Adama Diawara à l’ouverture de la 34e session ordinaire du Conseil des ministres du Centre du riz pour l’Afrique, AfricaRice. Les travaux réunissent des représentants des États membres, des institutions de recherche, des partenaires au développement, du secteur privé et des organisations de producteurs.
Placée sous le thème « Renforcer la compétitivité et la commercialisation du riz produit en Afrique », cette session met l’accent sur les conditions nécessaires pour rendre le riz africain plus accessible aux consommateurs et plus rentable pour les producteurs. Le Zimbabwe participe à la rencontre en qualité de pays invité d’honneur.
Pour le ministre, l’augmentation des volumes produits ne suffit pas. La filière doit également améliorer la qualité du riz, maîtriser les coûts de production et développer les circuits de commercialisation. L’objectif consiste à proposer aux consommateurs un produit compétitif tout en garantissant une rémunération viable aux différents acteurs de la chaîne de valeur.
« Notre ambition doit être de renforcer progressivement notre capacité à nourrir nos populations en réduisant le coût et en améliorant la qualité du riz produit dans nos pays », a déclaré Adama Diawara.
Le ministre a particulièrement insisté sur le rôle de la recherche scientifique dans la transformation de la filière rizicole. Selon lui, les innovations doivent permettre de développer des variétés mieux adaptées aux conditions agroécologiques locales et aux besoins des producteurs.
Plusieurs défis restent à relever. Il s’agit notamment de mieux gérer l’eau et les sols, de lutter contre les maladies des cultures et de limiter les effets du changement climatique sur les rendements.
Pour répondre à ces contraintes, Adama Diawara a encouragé une collaboration plus étroite entre AfricaRice, les universités, les centres de recherche et les professionnels du secteur. Cette coopération doit faciliter le transfert des résultats scientifiques vers les exploitations agricoles et favoriser l’adoption de techniques adaptées aux réalités du terrain.
L’enjeu dépasse la seule amélioration des rendements. Une production de qualité, régulière et mieux maîtrisée peut contribuer à réduire les coûts, à renforcer les revenus agricoles et à améliorer la disponibilité du riz sur les marchés africains.
La Côte d’Ivoire occupe une place particulière dans cette coopération. Le pays est membre fondateur d’AfricaRice et accueille son siège ainsi que sa station de recherche de M’bé.
Cette présence constitue un atout pour le développement de la recherche rizicole nationale et la coopération avec les autres pays africains. Le gouvernement entend inscrire cette dynamique dans les priorités de son Plan national de développement (PND) 2026-2030, notamment à travers la modernisation de l’agriculture et la valorisation des résultats de la recherche.
Pour les producteurs ivoiriens, le rapprochement entre chercheurs et acteurs de terrain peut favoriser l’accès à des semences améliorées, à des techniques culturales adaptées et à des solutions face aux difficultés liées à l’eau, aux sols ou aux maladies. Pour les consommateurs, l’amélioration de la production locale et de sa commercialisation représente un enjeu de disponibilité et d’accessibilité du riz.
La réduction de la dépendance aux importations reste ainsi un objectif important pour les pays africains. Elle suppose toutefois des investissements dans la production, la transformation, le stockage, le transport et la distribution.
Au-delà des échanges sur la compétitivité du riz africain, les ministres doivent examiner la stratégie institutionnelle d’AfricaRice pour la période 2027-2035.
Cette feuille de route doit permettre de définir des priorités communes et des actions mesurables au bénéfice des filières rizicoles du continent. Elle devra notamment préciser les orientations de recherche et les domaines de coopération entre les États membres et leurs partenaires.
La 34e session du Conseil des ministres intervient dans un contexte où la sécurité alimentaire demeure un défi majeur pour plusieurs pays africains. La capacité du continent à produire un riz de qualité, à des coûts maîtrisés et à le mettre efficacement sur les marchés pèsera sur sa dépendance extérieure.
Pour la Côte d’Ivoire comme pour les autres États membres, les résultats attendus de cette rencontre devront donc se traduire en mesures concrètes au bénéfice des producteurs, des transformateurs et des consommateurs.
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