Le décret, dont les détails ont été relayés par la Maison Blanche, prévoit la possibilité d'appliquer des droits de douane  "ad valorem"  (un pourcentage de la valeur des marchandises) sur les importations américaines en provenance de tout pays approvisionnant Cuba en pétrole, que ce soit de manière directe ou indirecte. Bien que le taux exact de ces tarifs n'ait pas été divulgué, la menace est claire : les alliés commerciaux des États-Unis commerçant avec Cuba pourraient voir leurs propres exportations vers le marché américain pénalisées.


Cette initiative juridique s'appuie sur la déclaration renouvelée d'un  "état d'urgence nationale"  concernant Cuba, un cadre légal utilisé pour justifier des sanctions économiques. L'administration Trump accuse formellement le gouvernement cubain de soutenir des « États hostiles » comme la Russie, la Chine et l'Iran, ainsi que des organisations désignées comme terroristes, contribuant ainsi à une déstabilisation régionale.


La réaction cubaine a été immédiate et véhémente. Le ministre des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, a qualifié le décret d'  "acte brutal d'agression" , dénonçant un blocus économique qu'il estime être "le plus long et le plus cruel de l'histoire". Cette escalade intervient dans un contexte où Washington a déjà pris le contrôle du secteur pétrolier du Venezuela, historiquement le principal fournisseur de l'île, depuis les années 2000, resserrant ainsi un étau économique déjà très serré.


Cette manœuvre est analysée par des observateurs internationaux comme une tentative de forcer un changement de régime à La Havane en exacerbant les pénuries énergétiques, qui pourraient paralyser l'économie et générer un mécontentement populaire. Elle place également les partenaires traditionnels de Cuba, comme le Mexique ou certains pays d'Amérique latine, dans une position délicate, les forçant à choisir entre leurs relations avec Washington et leur solidarité avec La Havane.



En brandissant l'arme tarifaire contre les alliés de Cuba, Donald Trump ouvre un nouveau front dans une guerre économique vieille de six décennies. Cette stratégie du « maximum de pression » cherche à transformer chaque livraison de pétrole en un dilemme diplomatique et commercial. Alors que La Havane se prépare à affronter une nouvelle vague de restrictions, la communauté internationale observe, partagée entre la crainte d'une aggravation de la crise humanitaire sur l'île et les calculs géopolitiques d'une confrontation qui dépasse désormais largement le cadre des Caraïbes.