Cette réunion cruciale, tenue lundi 2 février 2026 au siège de la HACA sous la présidence de Maître René Bourgoin, a rassemblé ces leaders de l’industrie et plusieurs autres acteurs du secteur. Ils ont exposé un paradoxe inacceptable : alors que la musique ivoirienne est massivement streamée sur des plateformes comme YouTube, Spotify, Apple Music et Boomplay, les mécanismes permettant aux ayants droit (artistes, producteurs, labels) de percevoir des royalties sur ce territoire ne sont pas activés ou sont déficients.


Face à cette problématique, la HACA a partagé son expérience en matière de régulation et de dialogue avec les géants du numérique, bien que sur d’autres sujets comme l’audiovisuel. Conscients de l’ampleur du défi, les participants sont convenus de la nécessité d’une réponse structurée et gouvernementale.


Ainsi, une décision majeure a été actée : la mise en place, dans les meilleurs délais, d’un groupe de travail interministériel. Ce cadre de concertation regroupera les ministères de la Communication, de la Transition Numérique et de l’Innovation technologique, ainsi que toutes les parties prenantes (artistes, sociétés de gestion collective, labels). Sa mission sera d’engager un dialogue direct et inclusif avec les responsables des plateformes numériques pour établir les mécanismes techniques et juridiques assurant une monétisation effective des contenus locaux dès 2026.


Cette initiative s’inscrit dans la politique gouvernementale visant à créer une économie numérique inclusive, où les créateurs ivoiriens peuvent vivre dignement de leur art. Elle rejoint aussi les efforts continentaux, comme ceux de l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI), pour harmoniser et défendre les droits des créateurs dans l’environnement digital.



Cette première réunion marque le début d’une bataille cruciale pour la souveraineté culturelle et économique numérique de la Côte d’Ivoire. Si le dialogue aboutit, il ne s’agira pas seulement de faire rentrer des royalties, mais de reconnaître et de valoriser officiellement la création ivoirienne dans l’espace mondial du streaming. L’enjeu est de taille : transformer l’audience internationale en une ressource durable pour les talents locaux, et faire de 2026 l’année où la musique ivoirienne paiera enfin ses artistes.