Depuis les attentats de Kampala en novembre 2021, l’Ouganda et la RDC ont mené l’opération Shujaa pour neutraliser les ADF. Malgré l’engagement de milliers de soldats et l’utilisation de frappes aériennes et d’artillerie, le groupe a simplement déplacé ses positions, multiplié ses attaques sur les civils et échappé aux renforts militaires. Selon le Groupe d’étude sur le Congo (GEC) et l’institut Ebuteli, les violences ont augmenté dans certaines zones, démontrant l’inefficacité de l’opération.
La mobilité constante des ADF, leur capacité à se scinder et à frapper les villages isolés, ainsi que le manque de renseignement précis, rendent les opérations militaires traditionnelles peu efficaces. Les rapports de l’Ifri et du Forum de Beni soulignent que le groupe dispose de réseaux locaux, y compris dans les services de sécurité, permettant aux combattants de connaître les mouvements de l’armée et de préparer leurs attaques.
Les complicités ne se limitent pas aux militaires. Des groupes de jeunes bandits locaux, surnommés « faux ADF », ont parfois été instrumentalisés par des militaires et des commerçants pour piller le cacao et d’autres ressources. Cette situation crée un cercle vicieux où l’insécurité profite à certains acteurs économiques. Les routes, le pétrole et les minerais de la région constituent d’autres facteurs influençant la stratégie militaire et les priorités de sécurité.
La coordination régionale existe sur le papier, à travers la CIRGL, l’Union africaine et Interpol, mais les mécanismes opérationnels restent partiels. Le partage de renseignements est incomplet, la sécurisation des frontières insuffisante et l’harmonisation judiciaire inexistante. La RDC ne dispose toujours pas de centre de déradicalisation pour les ex-combattants, obligeant l’envoi de ces personnes en Ouganda, limitant ainsi l’efficacité de la réinsertion.
Au final, le Forum de Beni en février 2026 a identifié les mesures nécessaires : pression militaire constante, coopération judiciaire entre États, démantèlement des réseaux financiers et création de centres de déradicalisation. Cependant, la question clé demeure implicite : parmi tous les acteurs capables de mettre en œuvre ces mesures, qui a réellement intérêt à ce que les ADF soient vaincus ?
La réponse reste floue, et tant que la fragmentation stratégique et les intérêts économiques divergents perdureront, les ADF continueront à exploiter les failles, rappelant que la sécurité en Afrique centrale ne peut être réduite à la seule confrontation militaire.
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